lundi 25 mars 2013

DaDa visité par les éditions Sabotart



Sabotart réédite Raoul Hausmann, increvable dadaïste


Montréal, le 25 mars 2013 – Sabotart lance le 28 mars Considérations objectives sur le rôle du dadaïsme suivi de Hourra! Hourra! Hourra!, la toute première édition au Québec des textes du dadaïste Raoul Hausmann. La charge critique de ces textes illustrés par l’auteur montre toute la pertinence et l’originalité de ses salves, encore aujourd’hui. Le lancement aura lieu à la Casa del popolo, dès 18h.

Les œuvres littéraires, sculpturales, picturales et photographiques de Raoul Hausmann participent à cette confusion entre les arts, les techniques et les genres qui, par l’utilisation de matériaux inusités et ses agencements originaux, vient développer une communication singulière, associant dans la dissociation. Cofondateur, avec Richard Huelsenbeck, du Club DaDa de Berlin en 1917, Hausmann multiplie les collaborations fructueuses avec bon nombre d’artistes d’avant-garde du début du siècle, dont Hans Richter, Kurt Schwitters, Max Ernst, Laszlo Moholy-Nagy et sa compagne Hannah Höch. Taxé d’ « artiste dégénéré » par Hitler, il s’exile en France, où il poursuivra ses activités créatives jusqu’à sa mort en 1971. Par ses poèmes, ses happenings, ses photographies et ses assemblages divers, Hausmann s’est imposé comme un artiste-phare dont la radicalité et l’originalité demeurent des plus pertinentes aujourd’hui.

Polémiste redoutable et impétueux, Hausmann participe à plusieurs revues avant-gardistes avec ses collages et ses textes critiques sulfureux. C’est en 1920 que sera publié pour la première fois Objective Betrachtung der Rolle des Dadaismus, texte parmi les plus radicaux à avoir émergé du mouvement DADA. Bijou d’impolitesse et d’antinationalisme, Hourra! Hourra! Hourra!, réédité pour la première fois en Amérique du Nord, constitue une suite de douze satyres politiques constituant une critique acerbe d’une mentalité conservatrice qui, à certains égards, n’est pas si loin du populisme réactionnaire si répandu dans le Québec contemporain. Les deux textes réédités par Sabotart sont accompagnés d’illustrations de l’auteur qui témoignent d’une imagerie propre chargée d’absurde et de dérision.

Sabotart, maison d’édition artisanale fondée en 2006, est vouée à la littérature, à la théorie esthétique et aux arts visuels. Elle opère à partir d’une position critique libertaire, et s’organise sur un mode autogéré dans lequel les auteur-e-s collaborent activement au processus d’édition. Elle compte près d’une dizaine de publications à son actif, notamment Histoire du mouvement étudiant de 1983 à 2006 de Benoît Lacoursière (2007), Brèches de Raphaël Hubert (2012) et La joie de la révolution, de Ken Knabb (2008), qui demeure à ce jour la seule publication canadienne du traducteur américain de Guy Debord.

Le lancement aura lieu le jeudi 28 mars prochain, à la Casa del popolo (4873 St-Laurent), à partir de18h.

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