lundi 24 décembre 2012

Les porcs en images

 
 http://www.cobp.resist.ca/
Le COBP est à la recherche d'une affiche pour annoncer la manifestation du 15 mars 2013 dans le cadre de la Journée Internationale contre la Brutalité Policière. Cette année le thème est : L'IMPUNITÉ POLICIÈRE dans toutes ses déclinaisons. Que ce soit dans les interventions policière dans les manifestations, dans le quotidien avec les minorités marginalisées, dans leurs interventions avec les sans-abris dans le centre-ville, ou avec les "mangeux de marde de carré rouge".

Il faut faire comprendre au corps policier qu'il ne peut se permettre de faire n'importe quoi, que si les comités de déontologie et la Cour sont de son côté, la rue n'oublie rien et ne pardonne pas.

Le COBP est aussi à la recherche de collaborateurs et de collaboratrices pour fournir des textes portant sur le thème de l'impunité policière au Québec ou dans le monde, pour un journal qui sera publié quelques semaines avant la journée internationale contre la brutalité policière (15 mars).

AFFICHE:
Vos modèles doivent être appropriés pour des impressions d'affiches 11x17" en noir et blanc qui serviront à l'affichage.

Si votre modèle est sélectionné, nous vous demanderons de produire également un modèle format carte postale (couleur ou N&B), pour la mobilisation, ainsi que un format sticker.

Devant se retrouver sur l'affiche:
Le but de la manif (opposition à la brutalité policière) et une référence au thème du mois, à savoir l'impunité policière.
La date 15 mars 2013, l'heure et le lieu seront ajoutés sur l'affiche plus tard.
Métro ( a ajouter plus tard)
L'URL du site web du collectif : http://www.cobp.resist.ca/

Lorsque vous proposez une affiche :
Envoyer un modèle en fichier jpg (300 dpi) à webmestre@cobp.resist.ca avant la date limite.
Mentionnez "proposition affiche" dans l'objet du mail.
Incluez votre nom ou pseudo et une adresse courriel valide pour vous rejoindre.
L'affiche sélectionné sera aussi en page couverture du journal État Policier qui sera distribué dans le cadre du mois contre la brutalité policière.

JOURNAL:
Les textes devront contenir entre 500 et 1000 mots et peuvent être écrit en français, en anglais ou en espagnol.
Les auteurs que tiennent a ce que leurs textes soient traduits dans une autre langue doivent assumer la tâche de la traduction.
Aussi, on vous invite à nous envoyer des images à jumeler avec votre texte si jamais c’est votre souhait.
Envoyez vos textes à : webmestre@cobp.resist.ca .

Merci de nous aider à faire de cette publication un succès et de participer à la commémoration montréalaise du mois contre la brutalité policière.

La date limite pour les soumissions est le 21 JANVIER, à minuit.

En vous remerciant de votre collaboration éventuelle,

le Collectif Opposé à la Brutalité Policière.

lundi 5 novembre 2012

Auteur de Brèches

Sabotart, maison d’édition artisanale autogérée, vous invite au lancement de "Brèches", de Raphaël Hubert, le 29 novembre prochain. Ce recueil de poésie, illustré par Benoit Tremblay, paraît en tant que premier titre publié de l’auteur montréalais membre du Bloc des auteur-e-s anarchistes.
Le lancement aura lieu au Bar populaire (6584 St-Laurent), à 19h, et sera ponctué de lectures accompagnées musicalement par l’auteur-compositeur Paul Zakarivan.

Raphaël Hubert nous livre avec ce premier recueil de poésie

un ensemble hétéroclite de poèmes composés avec la minutie d’une horloge détraquée. Une ancre jetée dans l’errance, "Brèches" fixe pour un temps précieux des expériences colligées au fil d’un bout de vie, fracas d’une mélodie discordante. Comme pour affirmer le caractère nomade et polymorphe de l’encre, l’artiste multirécidiviste Benoît Tremblay offre son ineffable complicité avec de contemplatives illustrations qui s’égarent joyeusement
entre les pages du bouquin.

"Brèches" est le premier recueil de poésie de Raphaël Hubert, auteur montréalais qui participe activement au Bloc des auteur-e-s anarchistes, ayant publié dans les tomes I et II des recueils de nouvelles "Subversions". Une de ses pièces de théâtre, "Par ailleurs", a été présentée au Festival international de théâtre anarchiste de Montréal en 2011 puis éditée dans le recueil collectif "Politique", paru aux éditions Rodrigol. Raphaël Hubert décline également ses penchants littéraires à travers sa participation au groupe rock Des Ébauches.

Sabotart, maison d’édition artisanale fondée en 2006, est vouée à la littérature, à la théorie esthétique et aux arts visuels. Elle opère à partir d’une position critique libertaire, et s’organise sur un mode autogéré dans lequel les auteur-e-s collaborent activement au processus d’édition. Elle compte près d’une dizaine de publications à son actif, notamment "Histoire du mouvement étudiant de 1983 à 2006" de Benoît Lacoursière (2007), "La Grande illusion" de Bernard Saint-Jacques (2009) et "La joie de la révolution", de Ken Knabb (2008), qui demeure à ce jour la seule publication du traducteur américain de Guy Debord.

mercredi 31 octobre 2012

Le 15e de votre canard



Le journal LE COUAC célèbre cette année ses 15 ans!

Le 12 novembre, à partir de 17h
Au Bar Les Pas Sages

951 Rachel est, Montréal

15 ans et encore toutes ses dents, Le Couac est toujours aussi mordant! Venez célébrer le 15e anniversaire du journal avec le lancement du numéro de novembre pour profiter de votre dose mensuelle de critique satirique.

Lancement du numéro de novembre, cupcakes et musique!

http://www.lecouac.org/

dimanche 23 septembre 2012

Cabaret anarchissss : Scandale !



Cabaret Anarchiste, spécial SCANDALE, vendredi 5 octobre


Le Bloc des auteurs-es anarchistes a l'illustre plaisir de vous inviter à son cabaret, spécial SCANDALE, le vendredi 5 octobre 20:00 au DIRA. Qu'est-ce qu'un scandale pour vous?

Scandale: n. m. Indignation. Événement révoltant. Bruit, vacarme. Affaire peu claire qui est mise au grand jour.

Véritables événements révolutionnaires, ces cabarets thématiques sont un lieu carnavalesque de dérision du pouvoir et d'envolées lyriques de toute sorte. Les performances y sont les bienvenues et un micro-ouvert est mis à la disposition de quiconque voulant déclamer sa flamme de révolte. Les sous amassés lors du cabaret serviront à financer la parution du prochain volume de Subversions, la seule anthologie de fiction anarchiste au monde!

Cabaret Anarchiste - spécial "SCANDAL"
Vendredi 5 octobre 2012, 20:00 @ DIRA, 2035 Blvd St-Laurent, Montréal
Micro ouvert / Entrée gratuite / Alcool et bouffe.

awb@daemonflower.com
https://www.facebook.com/events/473509216015591/?ref=ts


Anarchist Cabaret, SCANDAL special, Fri Oct 5th

The Anarchist Writers Bloc warmly invite you to their next cabaret, this time the theme is Scandal candal-themed cabaret vendredi 5 octobre 20:00 au DIRA. What's a scandal to you?

Scandal: n.


1. A publicized incident that brings about disgrace or offends the moral sensibilities of society.
2. A person, thing, or circumstance that causes or ought to cause disgrace or outrage.
3. Damage to reputation or character caused by public disclosure of immoral or grossly improper behavior; disgrace.
4. Talk that is damaging to one's character; malicious gossip.

Truly revolutionary events, these themed cabarets are a carnival-esque derision of power and celebration of poetic outbursts. A mic stays open all night to welcome any and all performances. Funds raised will go towards the next volume of Subversions: the only anarchist fiction anthology in the world!

Anarchist Writers Bloc - SCANDAL SPECIAL
Friday Oct 5th 2012, 8:00 PM @ DIRA, DIRA, 2035 Blvd St-Laurent, Montreal Open Mic / Free / Food & drinks

dimanche 19 août 2012

Du temps qu'il nous reste (et de celui qu'on gaspille)


(www.levraichangement.com -- Une initiative de l'organisation québécoise plateformiste Union communiste libertaire qui, malgré ses défauts, a le mérite de condamner l'électoralisme, contrairement à sa consœur française Alternative libertaire.)




Je ne sais pas comment vous faites.
Je suis à l'autre bout du continent et déjà la campagne électorale me tombe sur les nerfs. Bon, faut dire que je n'ai pas comme vous la possibilité de me défouler sur leurs maudites pancartes. À voir aller Québec Solidaire parler de rallier les votes des grévistes étudiant-es et de représenter la jeunesse contestataire, je me dis parfois que c'est la raison pour laquelle il nous fournit du matériel gratos (je dirais bien sur un plateau si ce n'était en réalité sur un poteau) à bricoler pour leur donner enfin une utilité : tu les revires à l'envers (tu prends soin de mettre du ruban adhésif noir sur les faces et le logo qu'il y a sur l'autre côté) puis tu écris de la poésie. C'est beau la poésie. Ça se grave aussi sur les murs. Tu peux même la créer dans la langue que tu veux : I'm an anarchist ! Wherefore I will not rule and also ruled I will not be!; Unter den Talaren, der Muff von Tausend Jahren (parlant, un exemple comme ça, des juges); Si no hay justicia para el pueblo, que no haya paz para el gobierno; batsi, gourounia, dolofoni !

Parce que nos luttes n'ont pas de frontières: elles sont apatrides, magnifiques et libres; elles résonnent à l'unisson de millions de voix aux accents différents. Elles ne naissent, ne (se) vivent ni ne meurent par les urnes. Les contemplateurs de sondages ne nous parleront jamais de ce que nous sommes de plus en plus nombreux et nombreuses à réaliser, soit que l'élection – celle-ci ou une autre, d'ailleurs – se décline comme étant une diversion chez les militant-es et sympathisant-es, qui promettent la lune pour tel ou tel parti qui ne représentent tous au final qu'un même choix : celui du parlement. On nous vend divers sièges d'une même salle. Tandis que la grève s'est élargi pour prendre les contours de ce qui pourrait très bien devenir un contre-pouvoir lorsqu'elle a débordé des assemblées strictement étudiante pour s'étendre comme le feu d'un cocktail molotov jusque dans les villes et les quartiers de la métropole. Et quel succès représente cette diversion ! On nous a le plus sérieusement du monde sommé d'arrêter la grève et d'investir les urnes, alors qu'auparavant nous discutions d'actions directes et d'assemblées délibératives. La réalité est tangible, implacable : c'est l'itinérant-e qui continuera à l'être; le ou la manifestante qui se fera roué-e de coups par les flics, voire pire; le travailleur ou la travailleuse qui se fera exploiter par son boss; le village qui se fera raser en Afrique par nos compagnies minières; l'enfant dont on usera la vie à manufacturer une bébelle techno à l'autre bout du monde; l'autoroute qui sera construite dans une ville qui restera bâtie sur des terres volées aux autochtones par la force de la tromperie, des armes et du génocide. Et tout ça peu importe le parti.

Je ne vote pas, vous l'aurez compris. On peut bien me matraquer de slogans électoraux, de « Debout » à « Donnez-vous le pouvoir », mais moi au moins mon pouvoir, je ne l'abdique pour quiconque – et bien peu d'entre nous étions assis-es ces derniers mois (et avant), au contraire d'un Amir Kadhir par exemple qui nous présente la panacée de la lutte à s'écouter parler dans une pièce à l'écho mortifère. Nous sommes ingouvernables, comme disait cette jolie bannière sous un déluge de gaz lacrymogène, percée qu'elle était de toutes ces balles reçues lorsqu'elle affirmait dans la rue son existence. Nos vies sont comme cette bannière.

Et pourtant...

Moi qui voulait vous éviter l'enclume électoral; vous offrir un espace de liberté pendant que d'autres offrent aux partis un temps de cerveau disponible, comme le ferait un PDG de télé pour Coke[1], voilà que je vous en parle aussi. La quintessence de l'aliénation. Voici ce que ça fait ces pitreries: même lorsque l'on considère ce tintamarre médiatico-politicard comme relevant de la plus grotesque prestation du plus absurde théâtre (je m'excuse au passage pour l'insulte à l'art), on est prit par une logique perverse à devoir en parler ne serait-ce que pour s'y opposer. J'aurais peut-être dû suivre mon idée première et vous parler de chats. C'est beau les chats. Presque autant que la poésie. Je m'imagine leurs querelles de fond de ruelle d'Hochelaga – qui nous rappellent étrangement ce qui pourrait être les cris d'agonie d'un bambin mutant – comme étant Claude Gauvreau récitant une œuvre. Ou serait-ce plutôt laid comme un débat des chefs ? Allez savoir.

Qu'avez-vous de mieux à faire que voter ? Ce que vous pourrez faire pendant les cinq prochaines années : l'amour.
Ou tiens, flatter un chat.


[1]   Voir le cas de Patrick Le Lay en France

vendredi 3 août 2012

La semaine contre les prisons

(English below)

Histoire de la journée de justice pour les prisonnières
http://contrelesprisons.blogspot.ca/p/histoire-de-la-journee-de-justice-pour.html

Pourquoi une semaine contre les prisons?
http://contrelesprisons.blogspot.ca/p/pourquoi-une-semaine-contre-les-prisons.html

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*CALENDRIER DES ÉVÈNEMENTS DU 7 AU 12 AOÛT, 2012*


*mardi 7 août*
Projection du film et discussions sur les filles et les femmes en prison
Centre 2110, 1500 de Maisonneuve Ouest, Suite 404
19h30-21h30
facebook: https://www.facebook.com/events/165374010263786/

Projection du film ''Stranger Inside (2001)'' (sous-titres en français) et du documentaire ''Unlocking the Gates (2012)'', suivie d'un discussion animée par le collectif *Life after Life, *un groupe d'action du centre 2110 engagé à la désincarcération et décriminalisation des filles, des femmes, et des personnes transgenres. Le premier film porte sur les femmes queer et ''of colour'' qui sont incarcerées dans une prison aux États-Unis, et le documentaire s'intéresse aux luttes des femmes autochtones et au principe des portes tournantes dans les prisons du Canada. Les deux font partis des projections de films annuel du Centre 2110 ''Nuit d'Été'' .
Il y aura de la traduction chuchotée vers le français durant la discussion.

*mercredi 8 août*
Lancement du recueil de poèmes : Dedans / Dehors : Célébrons la vie et le travail de Marilyn Buck
Casa del popolo, 4873 boulevard St-Laurent 
18h à 20h
facebook: https://www.facebook.com/events/394752210574434/
en anglais
Marilyn Buck était anti-impérialiste, féministe, une artiste et une révolutionnaire, qui a passé près de la moitié de sa vie en prison pour avoir participé aux mouvements révolutionnaires armés aux États Unis. Elle a, entre autre, été condamnée pour avoir aider Assata Shakur, du Black Panther Party et du Black Liberation Army à s'évader. Elle a développé un cancer de l'utérus pendant sa détention elle a été libéré le 15 juillet 2110 et décéda le 3 août suivant.
Nous vous invitons à une célébration de la vie de Marilyn et au lancement e son livre *Inside/Out* une collection de ses poèmes publiée récemment. Ce sera l'occasion d'une lecture de ses poèmes par des activistes montréalaises, il sera question de sa vie, des prisonnierÈREs politiques et de résistance.

*vendredi 10 août*
Vigile, témoignages, documentaire sonore et commémoration à la mémoire des personnes décédées en détention. 
1701 rue Parthenais, devant les bureaux du Coroner 
14h à 16h
Chaque année des gens décèdent en prison, assassinés par un système qui leur refuse des soins de bases, les maintien dans des situation abusive, les soumets à la violence, un système pensé pour les dépossédée de leur humanité. Le 10 août est une journée de commémoration à la mémoire de celles et ceux qui sont décédéEs derrière les murs, et de revendications pour mettre fin au système carcérale. Joignez-vous à nous pour une vigile devant le bureau du Coroner dont le rôle est de masquer les causes des morts en prison.

*vendredi 10 août*
Conférence de Kim Pate :Comprendre les changements au système carceral
17h à 19h
Café Touski, 2361 rue Ontario Est (métro Frontenac)
en anglais avec traduction chuchotée vers le français
Kim Pate est criminologue. Elle travaille depuis plus de 30 ans auprès de femmes incarcérées et s'intéresse notamment beaucoup à la situation spécifique des femmes des Premières Nations. Nous lui avons demandé de faire une présentation des politiques que le gouvernement Harper est en train d'instaurer et qui ont une incidence sur le système carcéral en portant un regard particulier sur la manière dont celles-ci affectent les femmes. Nous voulons ainsi nous outiller pour mieux résister et riposter.

*vendredi 10 août*
*Dans le cadre des soirée de la Maison Norman Bethune
1918 rue Frontenac
19h00
en français
Dans le cadre de la semaine contre les prisons, la Maison Norman Bethune présente trois courts exposés visant à explorer certaines des questions soulevées par la réalité des prisons dans la société capitaliste actuelle. Les présentations seront suivies d'une discussion sur les thèmes abordés: Le rôle des prisons dans la société capitaliste; La prison comme lieu d'organisation politique; et La situation des femmes en milieu carcéral.

*samedi 11 août*
Solidarité dans une culture de la criminalisation: La justice transformatrice dans la communauté
2110 Centre for Gender Advocacy (1500 de Maisonneuve Ouest, Suite #404)
13h à 17h
facebook: https://www.facebook.com/events/364754366931379/
Une introduction à la justice transformatrice, suivie par une discussion guidée sur comment répondre aux scénarios hypothétiques sans se tourner vers la police, ainsi qu'une séance de réponse créative.


*dimanche 12 août *
Festival de Rue - Liberté pour touTEs les prisonnierÈREs politiques.
13h à 18h
Square Phillips, coin St Catherine et Union, Metro McGill
Joignez vous à nous pour une après-midi de bouffe, theatre, et musique en solidarité avec les luttes des prisonniers et prisonniès politiques autour du monde!



Pour les informations complètes surveiller: http://contrelesprisons.blogspot.ca/
Facebook: https://www.facebook.com/events/260168030761950/
ou par courriel: montrealcontreprisons@gmail.com
AFFICHES/TRACTS: http://contrelesprisons.blogspot.ca/2012/07/affiches-tracts-posters-fliers.html

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The History of Prisoners' Justice Day
http://contrelesprisons.blogspot.ca/p/prisoners-justice-day.html

Why A Week Against Prisons?
http://contrelesprisons.blogspot.ca/p/why-week-against-prisons.html

*CALENDAR OF EVENTS, AUGUST 7-12, 2012*

*Tuesday, August 7*
Film Screening and Facilitated Discussion about Girls and Women in Prison
2110 Centre for Gender Advocacy (1500 de Maisonneuve Ouest, Suite #404)
7:30 p.m. - 9:30 p.m.
https://www.facebook.com/events/165374010263786/

Film Screening of award-winning film "Stranger Inside (2001)" (w/French subtitles) and documentary "Unlocking the Gates (2012)" followed by a facilitated discussion led by the Life After Life Collective; a 2110 action group dedicated to the de-carceration and de-criminalization of girls, women and transgendered people. The first film is about incarcerated queer women of colour in a US prison while the documentary focuses on Aboriginal women's struggle with the revolving door in Canada. Both are presented as part of the 2110 Centre's annual "Summer Night" Film Screenings. French whisper translation will be available during the discussion.


Wednesday August 8th
Inside/Out: Celebrating the Life and Work of Marilyn Buck
Casa del popolo, 4873 boul. St-Laurent
6-8pm
facebook: https://www.facebook.com/events/394752210574434/
in english
Marilyn Buck was an anti-imperialist, a feminist, an artist and a revolutionary, who spent almost half of her life in prison as a result of her participation in revolutionary armed movements in the united states. Amongst other things, she was convicted of helping to break Assata Shakur out of prison. While incarcerated she developed uterine cancer; she was released on July 15, 2010, and died a couple of weeks later, on August 3. Join us now for a celebration of Marilyn's life, and a book launch for Inside/Out, a recently published collection of her poems, with readings by local Montreal activists, and brief talks about Marilyn, about political prisoners, and resistance.


Friday August 10th
Vigil, Testimonies, Audio Documentaries, and Commemoration in memory of those who died in custody
1701 Parthenais street, outside the Coroner's office
2pm-4pm
Every year people die in prison, murdered by a system that refuses them adequate care, puts them in situations of abuse, subjects them to violence, is designed to rob them of their humanity. August 10 is a day in which we remember those who have died on the inside, and demand an end to the travesty that is the prison system. Join us for a vigil in front of the offices of the coroner, whose job it is to cover up deaths on the inside.


*Friday August 10th*
Presentation by Kim Pate
Café Touski, 2361 rue Ontario Est (metro Frontenac)
5pm-7pm
in english with whisper translation into french
Kim Pate is a criminologist. She has more than 30 years experience working with incarcerated women, and is particularly interested in the conditions of First Nations women. We have asked her to give a presentation about how the policies being put in place by the Harper government will impact the prison system, and especially how they will impact women. We want to better prepare ourselves to resist and fight back.


*Friday August 10th*
Presentations about the prison system at the Maison Norman Bethune
1918 rue Frontenac
7pm
in french
As part of the Week Against Prisons, the Maison Norman Bethune is giving three short presentations which explore certain questions raised by the reality of prisons in contemporary capitalist society: the role of prisons in capitalist society; prison as a site of political organizing; and the situation of women in prison.


*Saturday August 11th*
Solidarity in a Culture of Criminalization: Transformative Justice in the Community
2110 Centre for Gender Advocacy (1500 de Maisonneuve Ouest, Suite #404)
1pm-5pm
facebook: https://www.facebook.com/events/364754366931379/

Transformative Justice 101, followed with facilitated discussion on how to respond to several challenging hypothetical scenarios without turning to the police and a creative response session.


For more updates and more information, check out: http://contrelesprisons.blogspot.ca/
Facebook: https://www.facebook.com/events/260168030761950/
or email: montrealcontreprisons@gmail.com/
POSTERS/FLIERS: http://contrelesprisons.blogspot.ca/2012/07/affiches-tracts-posters-fliers.html

samedi 21 juillet 2012

Concert bénéfice du Bloc des auteur-e-s anarchistes / Anarchist writers bloc show



Concert bénéfice du Bloc des auteur-e-s anarchistes le 7 août
(in English below)

Le Bloc des auteur-e-s anarchistes, collectif voué à la lutte politique par le biais de la création, organise un concert bénéfice le mardi 7 août prochain à la Casa del popolo (4873 Saint-Laurent). Les surplus obtenus durant la soirée permettront la distribution du tome II du recueil de nouvelles Subversions, lancé en mai dernier. Les performances musicales des groupes The Pedals, Des Ébauches et Die Sashiko commenceront à 20h30 et seront entrecoupées de lectures par les membres du collectif.



Lancé en mai dernier, le tome II du recueil de nouvelles Subversions, préfacé par Raoul Vaneigem, a été produit et édité de manière autonome. Le livre rassemble les textes en français, en anglais et en italien de 28 auteur-e-s provenant de partout à travers le monde. Si la distribution aux États-Unis et en Europe est assumée par l'éditeur libertaire californien AK Press, le Bloc se charge de la distribution au Canada, ce qui requiert des moyens considérables, C'est notamment dans cette optique qu’est organisée la soirée du 7 août, qui concrétise par le fait même deux aspects de la mission du collectif: l'animation du milieu radical montréalais et la lutte contre l'ordre dominant par le biais de la fiction et de la création

The Pedals est le nouveau projet experimental de l’auteur Norman Nawrocki (violon), connu pour ses multiples projets musicaux (Rhythm Activism, DaZoque!, Bakunin’s Bum, SANN, etc.)et de Gregory Anderson Smith (guitare), un compositeur et ingénieur sonore de longue date ayant récemment mixé le dernier album de Loco Locass.
Des Ébauches est une formation musicale de Montréal déployant un son indie rock qui se veut aussi mélodieux que garroché, aussi ambiant que bien ancré, aussi critique qu'angoissé. Composé de Raphaël Hubert (voix, guitare électrique), auteur membre du Bloc, d’Arno Bramann (guitares, voix), Maxime Guay (guitares, claviers), Dominique Mathieu (basse) et Gyslain Gaudet (batterie), le groupe vient lier poésie et envolées musicales pour faire vivre à son auditoire une expérience dont on ne sort pas indemne. www.myspace.com/desebauches
Die Sashiko est un groupe local formé de cinq femmes (la membre du Bloc Yannie Paradis (guitare et voix), Lynda Lavoie (accordéon et flute), Elise Lacasse (basse), Alexie Tétreault (violon, etc.) et Gabrielle Godbout (batterie) qui empruntent musicalement tant aux mélodies d’Europe de l’Est, à la chanson française qu’au punk. Le mixte de folk sale qui en découle porte des paroles tournant autour des diverses formes de résistance. http://diesashiko.bandcamp.com

Les portes de la Casa del popolo ouvriront dès 20h, et le concert débutera à 20h30. Une contribution volontaire (suggérée entre 5 et 10$) sera demandée à l’entrée. Des membres du Bloc des auteur-e-s anarchistes liront des extraits de leurs œuvres entre les prestations musicales. L’ensemble des publications du Bloc, de même que celles des écrivain-e-s membres du collectif, seront disponibles lors de l’événement.

awb@daemonflower.com / awb.daemonflower.com 

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AUG 7TH ANARCHIST WRITERS BLOC MUSICAL EXTRAVAGANZA CASA DEL POPOLO

The world’s only organization of anarchist authors, the Montreal-based Anarchist Writers Bloc (AWB), is holding a medium-sized musical extravaganza benefit Tues, August 7th, 8pm, at the Casa del Popolo, featuring three bands co-founded by local anarchist authors: Die Sashiko, Des Ebauches and The Pedals. Admission is $5 - $10.

The Pedals is a new experimental duo of AWB author, Norman Nawrocki (treated violin) and Gregory Anderson Smith (treated guitar). Nawrocki is known for his multiple musical projects (Rhythm Activism, DaZoque!, Bakunin’s Bum, SANN, etc.), while Smith, a longtime composer and sound engineer, recently mixed the Loco Locass album, Vive le Quebec est Mort.

Die Sashiko is a local 5 piece, all-women’s band that borrows musically from East European melodies, French classic song tradition, and even a bit of punk. Their lyrics talk up a bit of civil disobedience, if not outright resistance. The musicians: AWB author, Yannie Paradis (guitar & vocals), Lynda Lavoie (accordion & flute), Elise Lacasse (bass), Alexie Tétreault (violin, kazoo, etc.) and Gabrielle Godbout (drums).

Des ébauches is a 5 piece local indie rock band with AWB author Raphaël Hubert (vocals, guitar), Arno Bramann (guitars, vocals), Maxime Guay (guitars, keyboard), Dominique Mathieu (bass) and Gyslain Gaudet (drums). ‘Equally melodic and heavy, ambient but anchored, critical and anxious. They blend poetry with surging musical flights of beauty.’

The benefit will raise money to pay for distribution costs for the AWB’s most recent publication: the trilingual (English, French & Italian) SUBVERSIONS Vol II, a 270 page collection of anarchist short stories, from 28 established and emerging anarchist writers from around the world, including a Preface by the celebrated American author, Marge Piercy.

The AWB is a totally self-managed, DIY core group of more than a dozen Montreal writers who promote anarchist theory and action through works of literature, poetry, theatre, cabaret, etc.

 

lundi 25 juin 2012

Un exemple pour le ministre de la «sécurité publique»

S'il y a bien une chose que cette grève nous ait apprise, c'est la valeur que nous accordons à nos yeux. Aussi, chers lecteurs et chères lectrices, j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai désarmé le graphisme de mon blogue. Maintenant, essayons donc de faire la même chose avec les flics.

Vous n'aurez plus à craindre pour votre corps en visitant mes mots, mais vous comprendrez que je ne puisse garantir la sûreté de votre esprit, ayant moi-même perdu le mien il y a bien longtemps lorsque je suis tombé amoureux.

mardi 12 juin 2012

Le temps des oranges bleues

(Cet article est paru dans l'édition juillet-aout du journal Le Couac)

La grève est étudiante mais la lutte est populaire. Il est rare de voir un slogan se concrétiser autant que celui-ci. Alors que les chroniqueurs «de la classe moyenne», Pratte et consorts, s’étonnent et s’indignent de l’incivilité grandissante de leurs voisins et voisines, c’est un éveil nouveau –et par le fait même un peu maladroit– qui se produit dans la société québécoise. Bien habitué.es aux paradoxes (que l'on pense à l'oxymoron de la fameuse révolution tranquille), nous avons vu l’émergence d’une solidarité entre dépossédé.es du système marchand tandis que se manifestaient ce qu’il est désormais convenu de nommer les «paciflics», porteurs d’une abjecte collaboration avec la milice porcine policière pour plaire à une image publique fantasmée, sous la férule des conglomérats médiatiques ; nous avons vu ressortir les fleurdelisés épinglés d’un carré rouge dans un entrecroisement improbable d’une création de Duplessis et d’un combat mené à l’encontre de ses héritiers au pouvoir ; on nous a accusé d’intimidation alors que nos compagnons et compagnes dans les tranchées font face aux armes potentiellement létales maniées par des assassins sociopathes protégés par l’ensemble des rapaces, de gauche comme de droite, trônant au parlement, dans les salles de rédaction, dans les palais de justice, dans les conseils d’administration, jusqu’aux rectorats, tous et toutes au service de l’ordre social dominant. Alors qu’après plus de quatre mois de lutte les médias de masse font preuve d’une ignorance désolante des concepts de démocratie directe et d’organisation horizontale, dans une démonstration époustouflante de l’emprise de la hiérarchie dans l’ordre social, et persistent à marginaliser et stigmatiser les anticapitalistes et leur discours plutôt qu’à faire ce qu’on aurait cru être du journalisme élémentaire : informer sans biais, n’eût été de la misère intellectuelle des journaleux qui ne s’abreuvent qu’aux communiqués de la police et l’étroitesse de leur vision du monde qui n’accorde à la globalité des idées qu’une étiquette d’utopie, quand ce n’est de cesse de les déformer.

Le fossé idéologique qui nous sépare n’a jamais été plus évident que lors de la fin de semaine du Grand Prix de Formule 1 : un événement privé généreusement subventionné par les fonds publics organisé par un admirateur d’Hitler et de l’«efficacité» des dictatures, qui fait rouler l'industrie de la prostitution et le tourisme sexuel; un événement polluant et hautement sexiste qui dérange les résidant.es de Montréal et engorge toute la ville –la «prend en otage» bien plus que n’ont su le faire les manifestations. Un événement que connaissent bien les Bahreïnis, eux qui l’ont baptisé «la Formule du sang», loin de ce que le roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa assure être «l'esprit communautaire de fête que la Formule 1 représente[1]», des paroles que l’on croirait provenir d’un ministre québécois. Là-bas, la clique d'organisateurs du show de boucane n'a pas sourcillé devant les morts, tués sous les balles des flics et de l’armée. Mais il faut dire que le Grand Prix de Bahreïn rapporte, et beaucoup. Pour Bernie et ses amis, l’argent vaut plus que le sang. Ce qui devrait nous inquiéter particulièrement, c’est que parmi les amis de Bernie se trouvent les dirigeants du Québec et du Canada. 

En se drapant dans les atours de la charité (fiscale), la charogne capitaliste voulait jouer la carte de la vertu en faisant parler leurs ventriloques des médias, mais c’était sans compter l’ébullition de la rue qui n’a pas laissé les crosseurs se cacher derrière les enfants malades de Ste-Justine. Bachand a bien essayé piteusement, mais c’est dur de justifier ainsi le délire cacophonique des chars bariolés et des pourritures qui vont avec, quand pendant toute la fin de semaine des flics béotiens érigeaient des blocus dans la métropole comme s’ils étaient à Gaza; fouillant et arrêtant arbitrairement les jeunes et les détenteurs de carrés rouges, à deux pas des bannières publicitaires de LG. À la télé un des flics (c’est dur de les distinguer des journalistes) disait faire du profilage «criminel» et non politique. Considérer qu’être jeune ou porter du rouge (et du noir) c’est être un criminel potentiel...est exactement ce qu’on appelle du profilage politique. Mais on ne demande pas aux flics d’être intelligents, on attend d’eux qu’ils vargent. Et ils font de la bonne job.
 J’en discutais avec Steve l’autre jour en buvant un café au Touski. «Que les bouffons s'étouffent dans leur champagne, et on donnera les corps des flics aux hôpitaux pour les transferts d'organes. Nous aussi on sait faire des activités caritatives», m’a-t-il balancé avec hargne et courage (parce qu’il en faut ces temps-ci pour afficher publiquement son opinion à Montréal). 

Steve est comme ça. Quand il s’est fait dire que s’il n’était pas content il aurait dû se lever...pour aller voter, il a répondu : «je trouve toujours ironique quand on me dit que l'abstention c'est l'inertie, alors qu'aller voter c'est volontairement se taire sauf une journée aux cinq ans. Et encore ! Cette parole unique se résume à...une croix. Qu'on ne s'étonne pas après qu'on donne le jour à une génération muette et analphabète.»
Néanmoins, dans les polyvalentes, les jeunes s’organisent, s’informent et débattent de ce qui les touche, peu importe ce qu’en pensent les chroniqueurs patentés de La Presse et de Québécor.  Il ne peut être que revigorant et rassurant de voir la jeunesse adolescente se rebeller ainsi à l’encontre de ses garde-chiourme, petit clique toute-puissante qui entretient la ténacité de réflexes cléricaux hérités de leurs fonctions. Il est inquiétant de constater que l’on semble confondre chez les administrations scolaires la production industrielle de cerveaux disciplinés et l’éducation. La volonté de s’instruire s’est dissoute dans l’imposition de cadences de travail, des impératifs de production, de la division mécanique du travail. C’est de l’usinage que l’on pratique dans nos écoles ; le parcours scolaire au secondaire ressemble plus à un plan quinquennal stalinien qu’à une démarche de découverte des savoirs, d’apprentissage libre et volontaire des connaissances humaines. La lutte pour l’éducation va au-delà de la gratuité scolaire.

Quand on sera en prison, ce sera à cette jeunesse dépoussiérée de continuer nos luttes. Pis ce jour-là, Bernie, check ben ton Grand Prix.


[1] «Bahreïn: le grand prix de F1 se tient malgré manifestations et polémique», Courrier international, http://www.courrierinternational.com/depeche/newsmlmmd.83d7e2e29a071c84e21ab34a1aea4f7b.81.xml (page consulté le 11 juin 2012).

dimanche 3 juin 2012

Un brasier pour Winston (et l'indifférence pour Julia)


     Tassés dans un coin, un petit espace si restreint, nous sommes tous des Winston tentant d'échapper, un centimètre à la fois, au regard que Big Brother porte sur nous. Le magma  de la télévision bouillonne ton cerveau déjà endolori du bourdonnement des hélicoptères tandis qu’ailleurs la beauté est simplement vraie. Tu ouvres un livre. L'Art est la prostituée de la culture (post)moderne. On se s'imprègne pas d'une oeuvre : on la consomme. Le divertissement est l'Art réduit à ses impératifs économiques. Les mots ne défilent pas à hauteur du tumulte d’images, ta pensée se noit. La mélopée de la publicité. Au-dehors, le Spectacle de notre déchéance. En rappel tous les soirs jusqu’à la victoire.
 
     Tes paupières sont lourdes, tellement lourdes, si lourdes. Lentement, tu commences à percevoir le son des vagues vagabondes venant se briser sur le roc saillant de la falaise. Le vent te porte le son de la mer agitée et les feuilles graciées d'automne. Tu plonges.
     Dans la lutte, belle comme un péché véniel. On l’aime comme on souffle une chandelle, quand elle résite dans ses dernières volutes dansantes à l’inexistence malheureuse, à la pacification délirante. Tu opines : vive l'amour, vive la paix...Mais tu renchéris : vive la vie, vive l'Anarchie. Car tu as vécu les méandres de la misère cruelle et vu les blessures que portent les damnés de la rue. Toi aussi il a fallu que tu fuis les sirènes et te réfugis dans l’ombre où l’on t’as laissé. Las des contrôles, des fouilles et des cellules; meurtri des coups et des humiliations. Revenchard car altruiste. Ton leg apatride contre vents et aliénation.

      Tout est noir. Soudain, une lumière au loin. Ça brûle : une flamme rougeoyante danse au goulot d'une bouteille. Lance-là ! Voilà, sur la silhouette là-bas. Tu la distingues à peine, elle est indistincte et informe. Le son rythmé de ses pas éveille une acuité révélatrice : c’est la marche de Rome à Montréal; le pas de l’oie de la milice. Ils avancent. Ils ordonnent. Ils bougent. La brume se dissipe, tu y vois clair. L’un d’eux s’improvise avant-garde. Son contour est droit, rigide, presque robotique. Son arme le précède. Un casque luit aux nouvelles lueurs que tu as fait fondre dans la nuit. Oui ! Voilà l'ennemi !
Les flammes plongent sur lui et l'enveloppent dans une étreinte sans amour. La silhouette tombe et se démasque. Un flic de moins dans ta tête.

      Maintenant revient. Mettons fin aux réminiscences du vieil ordre. Révélons la vacuité de leur monde. Pour que nous bâtissions le nôtre sur le cadavre roide de la hiérarchie.

vendredi 11 mai 2012

Dossier noir sur le Parti Québécois

C'est le titre d'une petite brochure sympathique que les maos du Parti communiste ouvrier (PCO) ont publié en 1980 après quatre ans de règne péquiste à la veille du référendum.

*D'ailleurs, un autre mao, Alain Badiou, a un concept tout à fait intéressant de «capitalo-parlementarisme». Je tiens à vous rassurer : il n'est pas question d'acquiescer aux urnes. Tous les partis sont également à combattre car ils sont issus de l'oppression et non sa solution.
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Le PQ en guerre contre le mouvement ouvrier
Ce que le PQ appelait sont ''préjugé favorable aux travailleurs'' n'est déjà plus qu'un lointain souvenir. Il n'aura duré que le temps de se faire élire.
En un peu plus de 3 ans de pouvoir péquiste, on a assité àune escalade de mesures antiouvrières. Adoption de loi antisyndicales après une série de gestes répressifs contre les travailleurs, c'est une véritable déclaration de guerre du PQ contre le mouvement ouvrier.

La force de la matraque et des injonctions
Rien n'a changé sur les lignes de piquetage avec la venu du PQ au pouvoir. Casqués, matraques au poing, les forces policières foncent sur les grévistes comme avant; les patrons continuent d'utiliser des fiers-à-bras armés contre les travailleurs en grève. Rappelons-nous:

-Le 3 juin 1977: matraquage des techniciens et techniciennes de laboratoire en grève de l'Hôpital Santa Cabrini de Montréal. Deux grévistes s'écrouleront, inconscients; six autres auront besoin de soins médicaux;

-Le 22 juillet 1977: samedi sanglant au Québec. Huit travailleurs des minoteries de Montréal en grève tombent sous les balles de fiers-à-bras de la compagnie Robin Hood. Le gouvernement péquiste est complice de la fusillade: les tueurs à gage seront trouvés innocents ! Le PQ n'a rien fait pour interdire aux fiers-à-bras le port d'arme: à l'usine Volcano de Sainte-Hyacinthe à l'été 1977, à Fer et Titane de Sorel en juin 1979, à la raffinerie Shell de l,est de Montréal en décembre 1979, les fiers-à-bras patronaux menacaient encore les grévistes de leurs fusils;

-Le 19 avril 1978: à Sainte-Thérèse, à quelques milles de Montréal, 85 piqueteurs sont arrêtés devant la Commonwealth Plywood en grève. Ils seront traduits en justice;

-Le 7 juin 1978: cette fois-ci 200 délégués de la CSN, alors réunis en congrès, sont venus prêter main forte aux grévistes de Commonwealth. La Sûreté du Québec arrive elle aussi en force. Les matraques ne suffisent plus. Les policiers usent de gaz lacrymogènes pour briser la ligne de piquetage;

Rappelons également quelques injonctions que le gouvernement péquiste a approuvées:
-contre les travailleurs de Lynn McLoad de Thetford Mines, en grève en avril 1977,
-contre les travailleurs des Cables industriels de Québec, en grève en novembre 1978,
contre les travailleurs de la Canadian Stell Wheel de Montréal en grève en novembre 1978,
-contre les travailleurs de l'Alcan à Shawinigan, en novembre 1979;
ainsi que le lock-out de trois mois imposé entre juin et septembre 1977 à ses propres employés de Volcano à Saint-Hyacinthe (Volcano est propriété de la Société d'État SGF).

Des lois antiouvrières pour briser les grèves

Fin 1979: en un peu plus d'un mois, le PQ promulgue et fait adopter coup sur coup deux lois spéciales. À elles deux, ces lois enlèvent le droit à la grève à plus de 200 000 travailleurs québécois. Sinistre performance.

Empêcher la grève des travailleurs du Front commun
La loi 62, imposée le 12 novembre 79, suspend le droit de grève, jusqu'au 30 novembre, pour les 190 000 travailleurs à l'emploi du gouvernement, membres du Front commun des trois grandes centrales syndicales au Québec.
C'est la première fois dans l'histoire du mouvement ouvrier au Québec qu'une loi interdit le recours à la grève avant même qu'elle ne soit déclenchée. C'est au PQ que revient cet honneur. Lui qui, dans l'opposition, avait dénoncé le gouvernement libéral précédent pour avoir imposé les lois 19 en 1972 et 23 en 1976, lois qui retiraient le droit de grève au Front commun.
La loi 62 représente de plus une ingérence inadmissible dans les affaires syndicales puisqu'elle impose aux syndicats la procédure pour consulter leurs membres sur les offres patronales (section 3, art. 4 et 5).
Malgré la campagne d'intimidation du PQ et les sanctions auquelles ils s'exposaient, 40 000 travailleurs du secteur des Affaires sociales, syndiqués à la CSN, ont décidé de passer outre la loi et ont déclenché la gr;eve le 19 novembre.

Forcer le retour au travail des grévistes de l'Hydro-Québec
La loi 88, adoptée le 18 décembre 79, met fin le soir même à minuit à la grève des 11 600 travailleurs de Hydro-Québec.
Cette nouvelle loi spéciale est encore pire que la loi 62 adoptée quelques jours plus tôt.
Elle ordonne le retour au travail des grévistes (art. 2 ).
Elle leur impose une convention collective jusqu'en décembre 1982, sans aucun recours possible à l'arbitrage (art. 5). La convention imposée reprend intégralement le rapport du médiateur nommé par le gouvernement et fait fi des plus importantes revendications des syndiqués.
Les amendes prévues pour outrage à la loi sont énormes. Elles vont de 5000 à 50 000 $ par jour pour le syndicat (art. 6) et de 1000 à 10 000 $ pour un agent ou un permanent (art. 7).

Des lois antiouvrières aux allures ''progressistes''

Pour tenter de redorer son blason terni par tant d'attaques contre le mouvemenet ouvrier, le PQ a fait adopter deux législations aux allures ''progressistes'' : la loi 45, soi-disant anti-scab et la loi sur la santé-sécurité au travail. Deux trompe-l'oeil qui permettent au gouvernement et aux patrons d'attaquer encore plus durement le mouvement syndical.

Pour légaliser les scabs

Première législation ''ouvrière'' passée par le gouvernement péquiste en décembre 1977, la loi 45 est un sujet de fierté pour le ministre du travail Pierre-Marc Johnson. Cette loi connue sous le nom d'''anti-scab'' est une première en Amérique du Nord. De fait, c'est la première loi qui légalise les briseurs de grève!
L'article 97 (a) permet en effet aux patrons d'utiliser des non-syndiqués (des cadres par exemple) ou des travailleurs syndiqués à une autre unité pour poursuivre la production. Il autorise les compagnies à déménager leur production dans une autre de leurs usines.
Selon l'article 97 (c), un patron peut légalement utiliser des briseurs de gr;eve pour ''éviter la destruction ou la détérioration graves de ses biens et immeubles''. Argument que les patrons utilisent évidemment toujours.
De plus la loi ne s'applique pas aux grèves dites ''illégales''.
Elle permet également d'imposer le contenu d'une première convention collective par conseil d'arbitrage (art. 81), constituant ainsi une grave ingérence de l'État dans les affaires syndicales.
Depuis que la loi est adoptée, les compagnies ne se gênent donc plus pour utiliser des briseurs de grève: c'est légal ! Ainsi:
- à la Commonwelath Plywood, les scabs étaient conduits par camion, protégés par la Sûreté du Québec;
-à la Kenworth de Sainte-Thérèse également, la Sûreté du Québec a fait sortir de l'usine, en juillet 1878, 15 camions chargés de matériel scab;
-à la Canadian Steel Wheel de Montréal, la compagnie faisait expédier des stocks de roues par les contremaîtres scabs pendant la grève de novembre 1978;
-aux Cables industriels de Québec, les contremaîtres acheminaient également la production vers les autres usines de cette filiale de Noranda durant la grève de novembre 1978;
la Société des Alcools du Québec (Société d'État) reconnaissant en septembre 1979 avoir enfreint la loi 45. Le gouvernement viole ses propres lois;
-pendant la grève des raffineries de l'est de Montréal, commencée en décembre 79, des cadres venant de l'extérieur de Montréal poursuivrent la production.

Mettre en jeu la vie et la santé des travailleurs

Adoptée fin décembre 79, la loi 17 sur la santé-sécurité au travail représente un recul sur toute la ligne pour le mouvement ouvrier.
Elle ne reprend aucune des revendications majeures des syndicats sur les règlements face à la sécurité au travail.
-Elle ne permet pas aux travailleurs de consulter le médecin de leur choix.
-Elle ne reconnait pas le droit collectif d'arrêter le travail dans des conditions dangereuses. Selon la loi, un travailleur, individuellement, a le droit d'arrêter le travail ''s'il a des motifs raisonnables de croire'' que sa sécurité et sa vie sont en jeu (art. 12). Mais il ne peut exercer ce droit si ''les conditions d'exécution de ce travail sont normales dans le genre de travail qu'il exerce'' (art. 13).
-La loi prévoit un arsenal de mesures répressives pour tout travailleur qui oserait ''abuser'' du droit de protéger sa vie. ''L'employeur peut imposer un congédiement, une suspension, un déplacement ou une mesure disciplinaire si le droit a été exercé de FAÇON ABUSIVE'' (art. 30).
-Il en est de même pour tout travailleur en charge de la prévention dans l'usine ou qui exerce des fonctions dans le comité de santé-sécurité, si ces fonctions sont exercées de ''façon abusive'' (art. 31 et 81).
- Des amendes allant jusqu'à 500$ pour un individu et 1000$ pour un syndicat sont prévues s'il y a outrage à la loi (art. 236).
-La loi enlève même aux syndicats les pouvoirs qu'ils avaient dans le cadre de la convention collective sur les questions de santé-sécurité. Elle remet tout le pouvoir entre les mains des comités parritaires (ouvrier-patron), institutionnalisant ainsi la collaboration.

mardi 24 avril 2012

Subversions, tome II : tout ce que vous avez aimé du premier, en format jumbo

Montréal, le 24 avril 2012 – Le Bloc des auteur-e-s anarchistes, collectif fondé à Montréal en 2010, lance le 3 mai prochain Subversions Vol. II, un recueil de nouvelles anarchistes contemporaines. Le Bloc des auteur-e-s anarchistes vise à développer un espace pour les initiatives artistiques, créatives et fictionnelles au sein du milieu libertaire et dans la collectivité en général à travers une série de projets audacieux alliant création et critique politique libertaire. Le lancement du livre, préfacé par Raoul Vaneigem, aura lieu à la Casa del Popolo et sera ponctué de performances musicales et de lectures.

Devant le succès obtenu par le premier tome lancé au printemps 2011, le Bloc des auteur-e-s anarchistes récidive cette année encore en publiant le second volume de Subversions. Ce recueil de nouvelles, produit et édité de manière autogérée, rassemble vingt-huit textes étant, chacun à sa manière, en guerre contre l’État, la religion, l’économie marchande, le patriarcat, la société actuelle, mais œuvrant aussi à faire imaginer une société égalitaire, autonome, solidaire, une société libertaire. Ces textes sont issus d'auteur-e-s établi-e-s et émergent-e-s d'Europe et d'Amérique; mentionnons notamment Isabelle Baez (Le Quartanier), Bruno Massé (Guy St-Jean Éditeur), Norman Nawrocki (Black Rose Books), Sandra Jeppesen (Gutter Press) et Edoardo Olmi (Felici Editore). Renouant avec le bilinguisme qui caractérise ses activités, le Bloc a accentué pour cette seconde publication son caractère transnational en invitant huit auteur-e-s italien-ne-s à collaborer au projet.

Fondé lors de la onzième édition du Salon du livre anarchiste de Montréal en mai 2010, le Bloc des auteur-e-s anarchistes s'est rapidement révélé être un collectif pluriel, solidaire et audacieux rassemblant des écrivain-e-s désirant lutter contre l’ordre dominant par le biais de la fiction, de l’imagination et de la création. Formé d'auteur-e-s aussi différent-e-s que le sont les horizons de l'anarchisme, le Bloc s'est résolument ancré dans la lutte artistique comme vecteur de lutte sociale dans cette guerre qui nous oppose à l'oppression sous toutes ses formes. Au cours de ses deux années d'existence, le Bloc a publié deux recueils de nouvelles, organisé une dizaine de cabarets (dont les contributions paraissent dans le zine Ex-pressions) et quelques ateliers littéraires, et présenté une pièce au dernier Festival international de théâtre anarchiste de Montréal.

Le lancement du recueil aura lieu le jeudi 3 mai prochain à 17h à la Casa del Popolo (4873 Saint-Laurent). Des lectures des membres du Bloc parsèmeront la soirée, qui sera aussi agrémentée d'une prestation musicale du groupe acoustico-punk Die Sashiko. L’entrée est (évidemment) gratuite. Un lancement sera aussi organisé le 5 mai à 17h Québec, au bar coopératif L'Agitée.

SUBVERSIONS VOL. II est distribué aux États-Unis et en Europe par AK Press (Oakland) et au Canada par le Bloc des auteur-e-s anarchistes.
ISBN 978-2-9805763-2-4
260 pages; 7”x 5.5”; 15$

mardi 10 avril 2012

Le COBP vous invite à un bal masqué !



Lundi le 16 avril 2012 à 18h

à la Place Vauquelin (à l'Ouest de l'Hôtel de Ville, 275 Notre-Dame E.)

Pour la liberté de manifester masqué, sans trajet ni permis!

Le lendemain de la manif historique du 15 mars 2012 contre la brutalité policière à laquelle des milliers de gens ont participé, le maire de Montréal Gérald Tremblay s'est dit « dégoûté » par les images de vandalisme (mais pas par la brutalité de ses policiers). Il a déclaré qu'il voulait interdire le port des masques dans les manifs et même refuser d'accorder un « permis » pour manifester si les organisateurs-ices refusent de fournir leur trajet aux policiers.

Pourtant, on sait que ce « permis » n'existe pas vu que les Chartes des droits et libertés québécoise et canadienne protègent théoriquement le droit de manifester pacifiquement, le droit de s'assembler et la liberté d'expression... Quant au port du masque dans les manifs, il y a plein de raisons de se masquer, comme pour garder l'anonymat ou pour ajouter un élément artistique et festif à une dénonciation. Surtout quand on dénonce un système qui criminalise les gens par association, car le seul fait d'être présent dans une manif déclarée illégale par la police peut mener à des condamnations.

En plus il existe déjà un article du Code Criminel du Canada qui interdit de se « déguiser » dans le but de commettre un crime, donc un règlement municipal contre les masques ne serait qu'un outil de plus dans l'arsenal des policiers pour faire de la répression politique. Comme si les dizaines d'anti-émeutes, les grenades assourdissantes, les gaz et le poivre, les flics à vélo, les chiens, la cavalerie, l'hélicoptère, les accusations de participation à un attroupement illégal ou à une émeute, les tickets P-6 pour manif illégale ou le ticket pour l'article 500.1 du Code de la Sécurité Routière pour « avoir participé à une action concertée destinée à entraver la circulation routière », les arrestations de masse de milliers de manifestants depuis les années 1990 ce n'était pas assez...

L'administration Tremblay avait parlé d'adopter un tel règlement en 2009, mais ils avaient reculé devant les critiques de défenseurs des droits et libertés de même que la contestation de militantEs regroupés dans le collectif Gros Bon Sens qui avait organisé un Bal Masqué à l'Hôtel de Ville en janvier 2009. Le nom de ce groupe était dû aux commentaires des représentants du SPVM qui disaient aux gens de faire confiance au « gros bon sens » de ses agents pour l'application du règlement anti-masques... Ce nouveau ticket fait partie des demandes de la Fraternité des Policiers et Policières de Montréal depuis plusieurs années. Le président du syndicat policier Yves Francoeur, pour qui la police est « une institution paramilitaire », dit que les pauvres policiers n'ont pas une job facile et qu'ils avaient besoin d'un prétexte de plus pour arrêter des manifestantEs... Suite au 15 mars dernier le maire Tremblay a ordonné à la Commission de Sécurité publique de la Ville de réviser « tous les règlements municipaux » en lien avec les manifs pour éviter les « débordements » et mieux les réprimer.

Les agents du SPVM procèdent déjà à des fouilles abusives, des arrestations préventives et illégales (arrêter des gens avec des pancartes et drapeaux sous prétexte que le règlement anti-manif P-6 interdit d'avoir un bâton « sans motif raisonnable ») et à des arrestations de masse même si l'ONU a critiqué cette tactique en 2005. Il existe des règlements municipaux qui interdisent aux piétons de marcher dans la rue et « d'émettre un bruit audible ». Sans oublier que le Père Noël et le Bonhomme Carnaval seraient eux aussi passibles d'amendes si l'administration Tremblay adopte un tel règlement... Mais les policiers eux auraient le droit de continuer à porter des cagoules pour des raisons de « sécurité publique » bien-sûr. Manifestons masqués contre la répression et pour le droit de manifester librement!

Pour + d'infos : Collectif Opposé à la Brutalité Policière - cobp@resist.ca - www.cobp.resist.ca

lundi 9 avril 2012

«Front commun» et salive


Aujourd'hui je fais quelque chose d'inhabituel. Après avoir pris connaissance de ce texte anonyme sur un site ayant trait à la présente grève étudiante et largement diffusé sur le site honnis de facebook, j'ai décidé de publier ma réponse sur mon blog avec le fol espoir d'avoir des lecteurs et lectrices et d'ainsi dépasser le stade strictement facebook du débat.

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J'ai l'impression que l'auteur manque cruellement de connaissances du mouvement étudiant ou d'expérience dans celui-ci. Il (elle ?) aurait tout avantage à expliquer par quel brio intellectuel il est parvenu à étendre la notion de corporatisme au respect des mandats d'assemblée générale en congrès. Instance décisionnelle qui ne semble pas être très importante pour l'auteur, tant il préférerait que Nadeau-Dubois soit proclamé imperator, lui qui est capable de s'élever au-dessus de nos tristes «égos» pour faire des choix exceptionnels et poser des gestes infiniment plus grands que la somme de nos délégué.es. En outre, cette fascination pour les «leaders» (la CLASSE, les execs, le porte-parole) est inquiétante et tout à fait incongrue dans la tradition de démocratie directe à l’ASSÉ et, par extension, à la CLASSE. Les exécutant.es des associations sont mandaté.es par leurs assemblées générales et révocables par celles-ci en tout temps. Ce sont avec ces mandats en main que les délégué.es votent ou s'abstiennent lors des congrès, et à leur tour procèdent à des élections sur des postes nationaux, par exemple le porte-parole, qui ne fait que représenter le congrès, de la même façon qu'au local : il n'est qu'un exécutant national du congrès. (Comme tous comme les comités et l'autre porte-parole que l'on oublie trop souvent.)

C'est exactement le genre d'article sur lesquels je me sens en droit de cracher, non pas parce que son auteur ne «pense pas de la bonne façon», mais parce qu’il ce texte est le reflet de son ignorance. L’on pourrait croire que l’auteur se donnerait la peine de faire quelques recherches sur le fonctionnement de la CLASSE (lui qui, dit-il, en est membre) et l’histoire du mouvement étudiant qui, tout comme les fédérations étudiantes, ne débutent pas en 2005. Cela lui permettrait peut-être de remettre en contexte les «petits enjeux corporatistes» et les «politicailleries» sont en fait des divergences majeures quant à la conception politique de la lutte et du syndicalisme étudiant : la différence toute fondamentale entre syndicalisme de combat et concertationnisme ou «lobbyisme». De nombreux textes à ce sujet sont disponibles sur le site de l’ASSÉ ou de quelques associations membres, de même que quelques ouvrages faciles à trouver :

Pierre Bélanger, Le mouvement étudiant québécois : son passé, ses revendications et ses luttes, Montréal, ANEQ, 1984

Benoit Lacoursière, Le Mouvement étudiant au Québec de 1983 à 2006 Montréal, Sabotart Éd., coll. « Mémoire & Luttes », 2007

Jean-Marc Piotte, Le syndicalisme de combat, Montréal, Albert Saint-Martin, 1977 et Du combat au partenariat. Interventions critiques sur le syndicalisme québécois, Québec, Nota Bene, 1998.

...et d'autres encore.

C’est bien beau de faire un coup de gueule, mais quand celle-ci est édentée ça perd un peu de sa pertinence.


* Ayant moi-même été affiché quand les flics m'ont kidnappé en échange d'une rançon, et bien que ma situation ne soit pas comparable à l'épiphénomène auquel on assiste avec Gabriel Nadeau-Dubois, je ne veux pas lui lancer l'accusation d'entretenir un culte de la personnalité. Je suis sûr qu'il n'a rien à voir avec tout ce bardas. Cela dit...avouez que c'était prévisible.